La résistible ascencion d’Arturo Ui

BILLET DUR DU PÈRE DENIS

En cet éprouvant début d’année et pour se remettre de la dernière, j’emprunterais à BERTOLT BRECHT, l’épilogue d’une de ses pièces que l’on serait bien inspiré de rejouer actuellement.
« Vous, apprenez à voir, au lieu de regarder
Bêtement. Agissez au lieu de bavarder,
Voilà ce qui a failli dominer une fois le monde,
Les peuples ont fini par en avoir raison.
Mais nul ne doit chanter victoire hors saison :
Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la chose immonde. »

L’auteur a également annoté sa pièce, et ses remarques sont également très judicieuses, ainsi :

« dans leurs entreprises, les classes dirigeantes de l’Etat moderne utilisent le plus souvent des hommes tout à fait moyens. Même dans le domaine essentiel de l’économique, des dons spéciaux ne sont pas nécessaires. »

« Les exploiteurs eux-mêmes, une poignée d’hommes dont la plupart ont accédé à leur pouvoir par le seul fait de leur naissance, mobilisent en tant que groupe une certaine quantité de ruse et de brutalité, mais leurs affaires ne souffrent pas de
l’inculture, ni ne souffriraient même de l’éventuel bongarçonnisme de certains individus. »

« de tels individus produisent l’illusion de la grandeur par l’étendue de leurs entreprises ; alors que justement cette étendue les dispense de mérites particuliers, puisqu’elle signifie précisément la mise en oeuvre d’une masse énorme de gens intelligents, si bien que les crises et les guerres constituent des foires expositions des ressources intellectuelles de toute la population. »

On ne peut prétendre qu’il y a beaucoup de changement dans la continuité !

C’est ainsi que le capitalisme est grand

Père Denis

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