Vingt ans déjà

BILLET DUR DU PÈRE DENIS

Au cours d’une opération d’épuration de mes archives personnelles, je suis tombé sur une note à l’attention du Conseil des ministres (Économie/Finances) rédigée par la commission des communautés européennes en Novembre 1993, intitulée : « CROISSANCE, COMPÉTITIVITÉ ET EMPLOI ».

Difficile de ne pas jeter un oeil !
Sur les 25 pages, en toute partialité, je ne retiendrais qu’un paragraphe :
« Bien que la pression sur les coûts soit un élément important de n’importe qu’elle stratégie d’entreprise et de la négociation entre les partenaires sociaux, elle ne constitue pas le facteur majeur de la compétitivité. En particulier, la réduction des coûts salariaux ne peut être la seule riposte à la concurrence des pays à bas salaires, à moins d’entrainer une forte baisse des niveaux de vie et une remise en cause de la structure sociale européenne. En outre, rechercher la compétitivité seulement par l’augmentation de la quantité du capital physique par rapport à celle du travail entraînerait de nouvelles et inutiles perte d’emploi ».

La conclusion mérite aussi le détour !
« La finalité profonde d’un nouveau modèle de développement économique est de faire en sorte que le cadre économique puisse répondre aux besoins d’une croissance soutenue, d’une amélioration de la compétitivité, d’un niveau d’emploi élevé, d’un environnement plus sain et d’une société à laquelle tous peuvent participer activement ».

Au delà du discours, il est facile voir que la commission n’était pas gauchiste, elle rappelle qu’il s’agit de tirer le meilleur parti du grand marché que les règles de concurrence et le contrôle des aides d’état devraient être appliquées avec fermeté.
Les traités qui ont suivi ont assuré la primauté des marchés sur les choix politiques et économiques.

C’est ainsi que le capitalisme est grand

Père Denis

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