Silence : on licencie

BILLET DUR DU PÈRE DENIS

Dans la mesure où le parlement devra débattre de la validation d’un texte résultant de la capitulation de trois syndicats minoritaires devant les exigences du patronat contre de simples et vagues promesses d’un plat de lentilles, et puisque le pouvoir s’est aventuré à qualifier ce texte d’historique, il est bon de lui rappeler le débat du 29 Mai 1986 à l’Assemblée.

Ce jour là Philippe SEGUIN présentait en ces termes un projet de Loi:
« Conformément à son programme, le second gouvernement Chirac dépose un projet de Loi supprimant l’autorisation préalable aux licenciements pour motif économique qui avait été introduite par le premier gouvernement Chirac.
Ce texte repose sur l’idée que l’absence de flexibilité dans la gestion de l’emploi décourage l’embauche. La suppression de l’autorisation administrative de licenciement vise avant tout à donner une latitude plus importante aux Chefs d’entreprise pour gérer leurs effectifs.
Cet effort de dérèglementation s’accompagne d’un renforcement du rôle du juge dans le contrôle à postériori des raisons et de la procédure de licenciement économique ».

Michel Coffineau pour le parti socialiste répliquait notamment « la loi Seguin restera dans l’histoire celle du licenciement arbitraire »

Les créations d’emploi promises ont été inexistantes.

Que vont dire lors du débat, les députés socialistes de l’affaiblissement du contrôle à postériori par le juge, et même de sa suppression s’agissant du contrôle du respect de la procédure ?

Le patronat est assuré d’un appui sans faille de la droite, et il suffira de quelques courageux désertant l’hémicycle voire de quelques godillots pour qu’il ait satisfaction.

C’est ainsi que le capitalisme est grand

Père Denis

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