La justice en balance

BILLET DUR DU PÈRE DENIS

Si la justice était juste, cela se saurait, mais lorsqu’une juge plutôt consciencieuse déclare qu’elle ne croit plus en la justice, notre république a vraiment du plomb dans l’aile.
Bien sûr, on peut dire que ce n’est pas nouveau et citer la morale de la fable de Jean de la Fontaine Avocat de formation, parue en 1678 : « Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blancs ou noir ».
Aujourd’hui, nos Magistrats sont des fonctionnaires sous statut spécial, pas très bien payés pour leur qualification, souvent noyés sous les dossiers et plutôt mal considérés.
Pourtant sociologiquement leurs origines font qu’ils n’ont que peu de rapports avec les gens de peu, dans les clubs de bridge, sur les terrains de tennis, ou les terrains de golf, ils fréquentent plutôt des dirigeants d’entreprises qu’ils ont de la peine à imaginer en délinquants.
Les gens que l’on rencontre au bistrot du coin pour taper une belote, ou sur un terrain de pétanque, ou encore au bar PMU pour le Quinté du Dimanche, ils les voient surtout dans les audiences de flagrants délits, mal rasés après des heures de garde à vue, s’exprimant mal, et ne comprenant pas toujours les questions qu’on leur pose.
Bien que les rapports d’activité de l’Inspection du travail ne soient plus aussi accessibles et lisibles que dans le temps, il est avéré que plusieurs centaines de milliers d’infractions au Code du Travail sont constatées, qu’au mieux 8000 procédures sont engagées, qu’encore moins aboutissent à des condamnations le plus souvent dérisoires. La sanction n’a pas de valeur pédagogique et dissuasive pour un patron, pas de valeur rédemptrice non plus ! Combien de morts, combien de blessés
dans des accidents du travail, on sait pourtant qu’ils surviennent quand une ou plusieurs règles n’ont pas été respectées.
Chers patrons dormez en paix, vous serez protégés des syndicalistes et de la CGT que vous pouvez insulter sans risques, les militants seront s’il le faut préventivement arrêtés pour le cas où ils se rebelleraient.

C’est ainsi que le capitalisme est grand

Père Denis

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