PENSER LES RÉVOLUTIONS: SECONDE INVITATION A LA PHILOSOPHIE MARXISTE

Auteur : JOUARY – SPIRE Editeur : MESSIDOR – SOCIALES Année Edition : 1989
Qu’est-ce qu’une idée vraie ? une idée fausse ? Par exemple l’idée que le soleil tourne autour de la terre, pour être fausse, n’en dérive pas moins directement de notre rapport à la réalité…

AC du 07/03/2013

… l’invitation semble se heurter à une contradiction insurmontable.

En effet, tant que la transformation de la société n’est pas accomplie, les idées de ceux qui dominent règnent en maîtresses sur les peuples.
Et pour en faire leur propre affaire -que le mouvement populaire s’émancipe de l’ordre ancien- il faudrait paradoxalement que la société ait déjà été transformée par la révolution.

 » Marx et Engels ont établi que ce sont les masses qui font l’histoire, tant par leur passivité que par leur activité. Le comportement des hommes s’avère décisif, aussi bien pour expliquer la pérénisation du système en place que pour en modifier ou en révolutionner la logique. Sans leur prise de conscience, aucune révolution n’est donc possible.
D’autres part ils ont établi que, dans une société donnée, l’idéologie dominante tend toujours à se régler sur la logique sociale existante, donc à éterniser les conditions dans lesquelles une classe domine. L’idéologie dominante sera ainsi celle de la classe dominante.

La pure addition de ces 2 thèses implique une conséquence simple: les masses faisant toujours l’histoire en étant dominées par l’idéologie de la classe dominante, aucune révolution n’est donc concevable…

Ce cercle semble donc enfermé dans une impasse les grandes transformations révolutionnaires passées et surtout leur accomplissement ainsi que celles à venir du monde capitaliste, et singulièrement celle qui nous intéresse le plus particuliérement: la notre !

Comment entraîner une majorité de gens dans un processus de transformation de la société et donc de leur vie? alors que confrontée à la réalité du quotidien, à l’idéologie dominante, au pouvoir politique et au règne des puissants le réalisme ne semble qu’être entre utopie et résignation… laissant la place belle aux désillusions, au doute, au cynisme et à la délégation de pouvoir .

Jean-Paul Jouary et Arnaud Spire nous livre ici une invitation à pensée le monde, un marxisme à la fois héritage et rupture de plusieurs millénaires d’idées, pour penser les pesanteurs, les transformations et les idées dont le mouvement du monde est porteur.

Comment se construisent les illusions, les idées reçues dont nous sommes tous porteur… il me rappelle une phrase que le camarade Arnault m’avait dit un soir de réunion de cellule et dont je n’avais peut-être à l’époque pas tout à fait compris le sens  » de toute façon on ne peut être tout à fait conscient  »
ci-dessous quelques unes des invitations à penser du livre …

les idées existent dans le monde avant d’exister dans les cerveaux.
La loi ( théorie ) ne dit rien sur le concret mais elle est indispensable à son analyse
L’universel ne se réalise que dans le concret.

Il n’y a pas d’un côté la base matérielle de la société et, de l’autre des préjugés idéologiques
Il n’y a de perception du monde , si scientifique soit-elle , sans idéologie incorporée… L’idéologie n’est pas dont on doit débarasser la connaissance pour la rendre efficace

Qu’est-ce qu’une idée vraie ? une idée fausse ? Par exemple l’idée que le soleil tourne autour de la terre, pour être fausse, n’en dérive pas moins directement de notre rapport à la réalité.

La révolution française, à la fois progrès et berceau du libéralisme : d’une inégalité à une autre ?

Platon déjà se pose déjà cette question : Peut-on réaliser dans la pratique un modèle politique conçu dans la théorie ?
Le communisme qui n’est pas d’abord  » un état qui doit être crée » ou un idéal sur lequel la réalité devrait se régler »… alors quoi…
l’idéal communiste demeure purement théorique, si on n’y inclut pas en permanence le point de vue de la pratique.

Publié en 1989 date de la répression en chine et de la tentative d’un socialisme démocratique en URSS l’objet de ce livre de repenser la philosophie marxiste se révèle paradoxalement d’une exigeante actualité, pour tout militant de la libération humaine et de la transformation sociale.

Arnaud Spire et Jean-Paul Jouary sont philosophes de formation,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Jouary
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_Spire

Ils ont notamment publié ensemble une Invitation à la philosophie marxiste (1983) dont Penser les révolutions (1989) est le prolongement logique.

Publicités