CONFLITS DU TRAVAIL HORS DU DROIT COMMUN

BILLET DUR DU PÈRE DENIS
Que l’on s’en réjouisse où qu’on le déplore, il faut bien reconnaître que les conflits du travail dérogent au droit commun. Il y a de nombreuses raisons à cet état de fait, toute la vie de l’entreprise s’organise à partir du pouvoir patronal, même si celui-ci a quelques limites, il est suffisamment étendu pour imposer des limites aux libertés individuelles. Ce pouvoir exorbitant du droit commun doit avoir des contrepoids qui sont essentiellement le droit syndical, la légitimité de l’action syndicale et la reconnaissance que des conflits du travail peuvent exister. Il faut créer un rapport de force pour obtenir l’ouverture de négociations et encore plus pour avoir satisfaction. Il s’agit bien pour les salariésd’exercer une contrainte, l’action choisie comporte forcément une gêne pour l’autre partie et même un préjudice. En d’autres termes, il s’agit bien d’un droit de nuire, qui certes est encadré, en ce qui concerne la grève par exemple, les juges ont précisé qu’il «était normal que celle ci désorganise la production, par contre ils ont considéré qu’elle ne devait pas viser à désorganiser l’entreprise. Dans un conflit à Air France, on avait tenté de faire définir par la justice ce qu’était une revendication raisonnable ! Heureusement, on a rendu aux salariés avec leurs syndicats le droit de définir leurs revendications. Une délégation aussi massive qu’elle soit, lorsqu’elle envahit les bureaux de la direction pour obtenir l’ouverture de négociations ne peut être accusée de séquestration. Il suffit de comparer avec les victimes d’une vraie séquestration. Une occupation du lieu de travail de jour comme de nuit ne peut être considérée comme une violation de domicile. Quand on passe des années de sa vie dans un lieu de travail, que parfois on y laisse sa santé, on y est, n’en déplaise aux employeurs un peu chez soi. Enfin, quand les salariés au cours d’un conflit mettent à l’abri pendant un temps le stock de leur production, ou empêchent le déménagement des machine, on ne doit pas pouvoir les accuser de vol, de complicité ou de recel. L’histoire des luttes sociales dans notre pays ne manque pas d’exemples, Lip, La vie en pull, Manufrance, Ducellier etc… Dans le conflit Goodyear, le MEDEF vocifère et injurie les salariés et leur syndicat CGT, la droite soutien sans faille le combat des patrons, la majorité des média reprend leurs arguments patronaux et va même jusqu’à interroger Taylor, le patron de Titan qui explique qu’aux États Unis on appellerai ça un kidnapping passible de la prison à vie, le nouveau rêve américain ! Quand au gouvernement, il envoie sa police et le Ministre du redressement productif préfère s’en prendre à la CGT plutôt qu’à Taylor. Il n’y a pas de hiérarchie dans les droits fondamentaux, manifestement les sociaux libéraux privilégient le droit de propriété au droit syndical et au droit de grève. A quand les vigiles et milices privée pour la légitime défense des biens? A quand les poursuites pour extorsion de fonds à l’occasion d’une action syndicale pour obtenir une augmentation de salaire « sous la contrainte »
C’est ainsi que le capitalisme est grand

Père Denis

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