8 Mai 45 – 8 mai 2015

50 millions de morts dans le monde dont 20 millions de Soviétiques. 6 millions de juifs exterminés systématiquement. Des centaines de milliers de résistants et de partisans, fusillés, décapités à la hache, torturés à mort, parfois par des bourreaux de leurs propres pays, comme en France ceux de la milice.
Mais on danse, en ce magnifique jour de mai, quand bien même la guerre n’est pas complètement finie et durera deux mois encore, dans le Pacifique.
8 Mai 1945 Combien, dans ces foules chavirées par l’ivresse de vivre retrouvée, pensent alors que le monde est entré dans une nouvelle ère ?
Il faut reconstruire. Économiquement les grands gagnants sont les États-Unis, dopés par l’industrie de guerre, mais les souffrances de l’URSS vont durablement laisser leurs stigmates, l’Europe est dévastée, la France est à genoux.
Elle n’est pas à terre. Au coeur des années les plus sombres, le Conseil national de la Résistance, où se retrouvent ses différents courants dont les gaullistes et les communistes, a élaboré un programme d’espoir, pour après. Il est marqué par la volonté de lier ensemble le progrès social et le progrès économique, le rejet des inégalités et de la toute-puissance de ce capitalisme qui, dans de nombreux cas, a préféré Hitler au Front populaire.
Dans les mois qui suivent la Libération, le programme du CNR entre déjà en application. Nationalisations, vote des femmes. Les communistes, dont le rôle dans la Résistance a été considérable, recueillent lors des premières élections législatives de l’après-guerre, en octobre 1945, plus de 26 % des voix. Dans le premier gouvernement formé par de Gaulle, le secrétaire général du PCF, Maurice Thorez, est ministre d’État. C’est un ministre communiste, Ambroise Croizat,qui crée la Sécurité sociale et c’est Thorez qui lance la bataille du charbon pour redresser la France. Le mot d’ordre du PCF est « produire, produire ».
Ce même gouvernement va nationaliser le système bancaire, des grands groupes comme Renault, il met en oeuvre avec le plan LangevinWallon une politique éducative ambitieuse, la culture redevient une ambition nationale. Au gouvernement, l’embellie sera de courte durée. Dès le 8 mai les massacres de Sétif vont augurer des guerres coloniales à venir. la suite dans l’humanité.fr