Que peut la philosophie ?

Menace permanente du terrorisme, crise de l’espérance, tentation du repli, empire de l’urgence et du traumatisme… les raisons de désespérer sont nombreuses.
Les intellectuels ne cessent pourtant d’éclairer notre monde et ses blessures en livrant de réjouissants essais.
Que peut la philosophie face à l’actualité dramatique qui nous assaille ?
Si « philosopher, c’est apprendre à mourir », cette discipline ne nous apprend-elle pas aussi à vivre ? L’effort de la philosophie pour influencer le réel est-il voué à l’échec ?

Trois philosophes interrogent les possibilités de leur discipline, à la fois tournée vers le réel et en retrait : Table ronde entre Michaël Foessel, maître de conférences, Christophe Bouton, philosophe et Jean Salem, philosophe. L’interview croisé c’est ici…

Michaël Foessel Michaël Foessel philosoph conférences idées L’urgence médiatique est dépourvue d’événements : tout passe sans que rien ne se passe. À l’inverse, l’une des tâches de la philosophie est de repérer ce qui fait véritablement événement et désigne, par là, une urgence authentique. Je me méfie beaucoup des conceptions de la philosophie comme sagesse. Il y a d’abord là une mode commerciale ( -Devenez heureux grâce à Spinoza… -) qui neutralise la forme de protestation qui se trouve, selon moi, à l’origine de toute philosophie.

Christophe Bouton Christophe Bouton philosoph conférences idées
Mon sentiment est que le philosophe ne peut pas vivre – hors-sol -, il est un citoyen au cœur de la cité.
Il me semble que la philosophie aujourd’hui ne nous console de rien, qu’elle n’a aucune réconciliation, aucune quiétude à proposer.
Elle offre plutôt un regard critique et inquiet sur le réel.

Jean Salem Jean Salem philosoph conférences idées
Dans un monde où 1 % de la population mondiale possède 46 % des ressources disponibles, soit près de la moitié de ces ressources ; où 10 % de la population mondiale en possède 86 % ; et où 50 % de cette même population ne possède pratiquement rien, une philosophie, une doctrine (une doctrine de combat) est tout à fait à même d’éveiller et de mobiliser les énergies et la soif de justice des hommes et des femmes de bonne volonté.

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