Une République à rebâtir

L’édito de Patrick Apel-Muller : Pour ressourcer la République, bien des Bastille sont à prendre. Ainsi peut se résumer en son parcours même la marche qui, samedi à Paris, rassemblera des milliers et des milliers de citoyens décidés à se servir du bulletin de vote Mélenchon pour secouer le vieil ordre capitaliste, ce régime ­ qu’on peut déjà dire ancien ­ et qui paralyse la souveraineté populaire.Humanité Quotidienne 18 mars manif 

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Un précipité toxique masque les enjeux des élections présidentielle et législatives. Les affaires en cascade qui touchent François Fillon ou Marine Le Pen conduisent des électeurs qui ont toutes raisons de réclamer la rupture du lien entre les gouvernants et l’argent à se détourner des urnes.

Trop de promesses trahies minent les énergies. Le courant le plus libéral du Parti socialiste susurre « plutôt la droite que le Front populaire » et parie ouvertement sur une mort du PS pour se fondre dans le magma Macron d’où jaillissent des propositions que ne renierait pas François Fillon. Les mêmes qui ont fait la prospérité du Front national entonnent la rengaine du vote utile contre l’extrême droite qui tue toute perspective de renouveau et promet de beaux jours à l’extrémisme.

Les risques sont trop grands : la gauche de transformation ne peut camper sur des positions préparées à l’avance. Son rassemblement ne se jouera pas dans des tête-à-tête obscurs. Il lui faut le mouvement qui permet la confluence ; les échanges et les confrontations qui dégagent les points d’accord ; le courage de rompre avec la pensée unique.

Puisque la monarchie présidentielle, l’oligarchie et la privatisation des pouvoirs menacent la V e République, il faut savoir lui opposer une VIe République sociale, participative et parlementaire.

C’est le sens de la manifestation de la Bastille à République à laquelle participeront des communistes, des insoumis, des syndicalistes, des démocrates… Ensemble, pour retrouver le chemin d’un progrès partagé.