Election présidentielle : 2ième tour

L’enjeu du 2iéme tour de l’élections présidentielle. L’analyse et l’appel du conseil national du PCF du 26 avril 2017. Début du rapport introductif de Patrice Bessac …
Le document complet —————-} 2iéme tour  élection présidentielle 2017

Il y a, dans l’Histoire, de ces moments tragiques où le destin des peuples se noue en quelques jours… Il y a, dans l’Histoire, de ces moments d’amnésie où quelques hommes et femmes, par le truchement des responsabilités qui leur ont été confiées, décident par leur action ou leur inaction du sort des multitudes…

Ce sont de tels moments que nous vivons; des moments où se cristallisent les passions, où se confondent et se mêlent dans l’inconscient collectif les sentiments les plus contradictoires, où la raison parfois faiblit, émoussée par la colère, la lassitude et les espoirs déçus…

Il y a 72 heures, le peuple français a fait un choix. Ce choix n’est pas le nôtre. Il nous engage pourtant. Il nous place devant un dilemme, un cas de conscience, dont la résolution – individuelle et collective – décidera de l’avenir de notre pays. Devant ce choix-là, la dérobade ou les calculs politiciens ne sont pas de mise. Et ce serait une illusion dangereuse de croire qu’avec une extrême droite au pouvoir ou plus forte, le peuple en serait plus combatif. L’histoire nous transmet des preuves tragiques et permanentes du contraire.

Mes chers camarades, nous sommes, toutes et tous, membres d’un parti presque centenaire, dont l’histoire mouvementée a été forgée au fer et au feu des luttes antifascistes, du combat pour la paix, de la lutte contre le capitalisme et pour l’émancipation du genre humain. Nous sommes, toutes et tous, membres d’un parti presque centenaire, dont l’histoire se confond avec celles des grandes batailles et des grandes avancées sociales à cheval sur deux siècles à présent. Nous avons, par nos combats et ceux de nos pères et de nos mères avant nous, inlassablement redessiné et remodelé le monde que d’autres tentaient de nous imposer.

C’est un passé honorable dont nous sommes fiers et que nous – les communistes – n’entendons pas brader; un passé que nous n’entendons pas sacrifier sur l’autel d’une lecture trop simple pour être profondément honnête des grands mouvements historiques, qui renverrait dos à dos libéralisme et extrême-droite.

Non, Montesquieu et Tocqueville ne sont ni Barrès ni Maurras.

Au premier nous répondrons par les luttes sociales et politiques que nous saurons construire. À la seconde nous opposons dès aujourd’hui un refus catégorique; un barrage républicain sans faille et sans ambiguïté, instruit par l’expérience et la nécessité.

Car, malgré les digues qui craquent, malgré les « verrous » qui sautent élargissant sans cesse les cercles de la division et de la haine, le fossé qui sépare ces deux courants politiques est celui – fondamental – de l’égalité entre les humains.

Pas une égalité sociale mais la reconnaissance d’une humanité commune, d’une somme de caractéristiques qui font de nous des individus égaux par nature et par culture, des citoyens nés et demeurant libres et égaux en droits. À celles et ceux qui légitimement s’interrogent encore sur le choix qu’ils feront le 7 mai prochain, je les invite à prendre connaissance des articles 5 à 19 de notre Constitution. Ils définissent l’étendue considérable des pouvoirs attribués au Président de la République, chef de l’État et chef des Armées, sans partage.

Dans cette période d’instabilités multiples, où le monde, privé de la relative régulation dont il s’était doté après la Seconde Guerre mondiale, s’enfonce dans les ornières du chaos, des guerres civiles et des escalades armées entre les nations, nous ne serons pas de ceux qui créeront les conditions de la victoire du Front national, de l’extrême droite à l’élection présidentielle.

Ce Front national présidé depuis hier par Jean-François Jalkh, un proche collaborateur de Jean-Marie Le Pen, remarqué lorsqu’il a commémoré à ses côtés, en 1991, la mort de Philippe Pétain en l’église traditionaliste Saint-Nicolas du Chardonnet. Désormais les loups sortent du bois et s’affichent. L’avenir de la France ne se joue pas sur un coup de dés. Le 7 mai prochain, nous utiliserons – nous instrumentaliserons – le bulletin de vote Emmanuel Macron pour éviter le pire.

La Ve République est une vieille marâtre,
acariâtre et sans pitié, et ce n’est pas, hélas, la première fois qu’elle nous impose ce type de choix. Ses règles, ce sont celles que le peuple français, il y a de cela 60 ans, s’est choisi pour lui-même, dans un moment de désarroi et sous la pression des factieux. Les résultats de dimanche ont montré qu’il n’était majoritairement pas prêt encore à s’en donner de nouvelles. Nous en prenons acte.

Alors oui, le 7 mai prochain, nous ferons – comme certains nous le font remarquer – « le jeu du système » en glissant dans l’urne un bulletin qui n’est pas le nôtre, qui est celui des banques, de la régression sociale et de la mondialisation sans limite ; celui du candidat de l’ubérisation du monde et des individus.

Nous le ferons en conscience, par pour le soutenir mais sachant le danger plus grand encore qui menace et prêts à construire avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent les mobilisations indispensables de demain et d’après-demain pour contrer les objectifs affichés des porte-drapeaux du libéralisme… La suite sur le fichier PDF

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