Que se passe-t-il en Corse ?

Ainsi pour les médias dominants, comme dans le reportage de TF1 du 1er Décembre, le choix ne serait qu’entre indépendantiste et la droite. corse élections territoriales 3 et 10 décembre 2017
Que se passe-t-il en Corse ? Tribune libre de Gilles Larnaud, militant PCF Corse-du-Sud dans L’Humanité du Jeudi 30 Novembre 2017

Les 3 et 10 décembre prochains se dérouleront les élections territoriales en Corse. Ce scrutin mettra en place une instance unique, supprimant les deux conseils départementaux et créant une seule collectivité territoriale, vieille revendication nationaliste. Beaucoup de pouvoirs sur l’île seront concentrés entre les seules mains du président de l’exécutif.

Face à cela, il nous est apparu essentiel de construire un rassemblement à partir d’une double alternative : à la fois face à la politique antisociale du gouvernement et sa majorité présidentielle, et face à la majorité régionale nationaliste. Les enjeux réels de cette élection ont, semble-t-il, échappé à Jean-Luc Mélenchon qui a « parié » sur la perspective nationaliste.

Qu’il tente de contrecarrer une démarche de rassemblement portée par le PCF et ses anciens relais de la Corse insoumise sur l’île, nous y sommes habitués, sans jamais nous y résoudre. Mais qu’il accompagne sa démarche de diviseur (alors que nous avons tant besoin de rassemblement) d’un appel clair à nous sanctionner en encourageant un vote nationaliste, c’est consternant !

Notre seule réponse, et c’est la seule efficace, c’est l’existence de la liste de rassemblement qui est de nature à redonner espoir aux électeurs de gauche et à exprimer résistance et conquête face à des libéraux affairistes représentés par toutes les autres listes.

Nous sommes la seule liste de gauche. Composée de femmes et d’hommes, salariés, enseignants, militants du PCF, d’Ensemble, de Manca Alternativa, syndicalistes, jeunes, retraités, acteurs du monde agricole, militants associatifs, écologistes, cette liste rassemble de très fins connaisseurs de la vie quotidienne, puisqu’ils la vivent comme des dizaines de milliers de Corses, et notamment de celles et ceux qui souffrent le plus, dans une des régions les plus inégalitaires.

La politique du gouvernement Macron-Philippe-Gattaz aura des effets dévastateurs en Corse. Le 1er janvier 2018, il y aura plus d’austérité. Il suffit de retenir les propos du ministre de l’Intérieur en visite en Corse le 14 octobre dernier : « L’objectif est de procéder à des regroupements de compétences pour réduire les dépenses publiques. »

Durant les deux années écoulées, la majorité nationaliste a certes poursuivi les politiques votées précédemment, comme la contractualisation avec l’État et l’Europe, mais elle a surtout amorcé un tournant nouveau très libéral avec la déspécialisation de l’enveloppe de continuité territoriale pour la consacrer à du goudron et du béton. Ils viennent d’organiser une zone franche en montagne et de sanctuariser le périmètre de l’activité des low cost dans le transport maritime et aérien.

Ce n’est qu’un début. Beaucoup d’argent public va être engagé dans les bonnes affaires et rien ne sera fait pour le consacrer au service de l’intérêt commun. Il y a donc bien un enjeu de classe dans cette élection qui porte sur la juste répartition de la richesse produite, grâce notamment à la solidarité nationale et à l’investissement public. Nous la situons au cœur de notre campagne, au moment où une réforme institutionnelle est réclamée par les groupes nationalistes afin d’évacuer les questions sociales.

C’est une aubaine pour le patronat et quelques affairistes. Le transfert de la compétence fiscale est la clé de voûte de la prochaine étape institutionnelle voulue dans le cadre d’une autonomie « de droit ». Dans quatre ans, ils prévoient la mise en œuvre de l’autonomie, et en 2032, nous promettent les indépendantistes, l’exercice du droit à l’autodétermination par référendum pour aller vers l’indépendance. Pourtant, il n’y a pas de solution corso-corse pour avancer vers une société de justice sociale, de démocratie, de solidarité.

C’est aussi en ce sens que renforcer un groupe de gauche anti-austérité, une liste pour une Corse française avec des élus communistes, a motivé notre rassemblement. Avec « l’Avenir en commun », « la Corse en commun », « l’Avvene, a Corsica in comunu », le projet est de nature à redonner du sens à l’idée de ce que doit être la gauche.

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